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09.02.2007

Non aux campements durables imposés en banlieue

Le gouvernement a décidé d’installer une partie des personnes sans domicile fixe du Canal Saint-Martin qu’il s’est engagé à reloger, dans des campements urbains de bungalows, pompeusement appelés « chalets », sans aucune concertation avec les trois communes concernées Créteil, Limeil-Brévannes et Ivry sur Seine.

Pourquoi imposer un tel projet à trois villes de gauches alors que tant d’autres de droite, dans notre département et en proche banlieue, ne remplissent même pas leurs obligations en matière de construction de logements sociaux ?

Pourquoi le gouvernement ne s’adresse-t-il pas à la ville de Paris déjà impliquée dans l’étude du projet des chalets de l’espoir de l’association « Salauds de pauvres » ? Le Bois de Boulogne limitrophe de Neuilly-sur-Seine, ou le Bois de Vincennes limitrophe de Vincennes, tous deux sur la commune de Paris, pourraient parfaitement accueillir ces « villages provisoires ».

Pourquoi l’Etat n’assume-t-‘il pas ses responsabilités en mobilisant ses propres terrains, comme par exemple les terrains militaires de Vincennes ou tout autre lieu qui lui a été suggéré.

Pourquoi l’AP-HP, si prompte à mettre ses terrains de la proche banlieue à disposition, n’utilise-t-elle pas les bâtiments ou les terrains qu’elle possède à Paris ?

Une fois de plus le gouvernement se décharge sur les collectivités territoriales pour assumer ses obligations sociales.

Dans le Val-de-Marne, devant la pression du maire de Saint-Maur, le gouvernement plie en refusant le permis de construire des logements sociaux déposé par le Conseil Général.

La réquisition de terrains dans des communes de banlieue qui concentrent déjà plus de 40 % de logements sociaux n’est pas une solution satisfaisante. Présentée comme une solution provisoire d’urgence, le gouvernement crée des « ghettos de pauvres durables », comme les cités de transit qui perdurent encore.

Or, l’hébergement d’urgence des personnes sans logis, et plus largement la mise en œuvre du droit au logement, doivent se faire dans le cadre de la solidarité nationale et des équilibres territoriaux, pour ne pas accentuer les inégalités sociales et la ghettoïsation. C’est pourquoi les sénateurs socialistes ont fait voter, dans le projet de loi sur le droit au logement opposable, un dispositif comparable à l’article 55 de la loi SRU pour le logement social : les communes qui ne disposent pas de suffisamment d’hébergement d’urgence seront soumises à une sanction financière.

L’accueil des plus démunis, la mise en oeuvre du droit au logement opposable, comme le respect de la mixité sociale doivent être de la responsabilité de tous.


Ce que montre cette décision prise en catimini, c’est que le gouvernement est bien loin de cette exigence républicaine. Les gages donnés à bon compte pour reloger les SDF, en pleine discussion sur le droit au logement opposable, sont une insulte à la fois aux mal-logés et aux communes qui respectent la loi en accueillant ceux qui sont dans la misère, alors que dans les Hauts-de-Seine, sur ordre de N. SARKOZY, le sénateur R. KAROUTCHI fait voter une loi dérogatoire sur mesure pour l’extension de bureaux à La Défense tout en refusant la construction de logements sociaux.

Pourquoi Mme VAUTRIN et M. BORLOO n’associent-il pas les collectivités territoriales d’Ile-de-France aux discussions sur les projets de « Chalets de l’espoir » ?

Les élus dans leur ensemble n’ont jamais refusé le dialogue avec l’Etat. Faut-il encore que l’Etat sache imposer une répartition équitable des charges entre les collectivités, et en particulier n’oublie pas de prendre sa part dans le cadre d’une politique de cohésion sociale, ce qui aujourd’hui est loin d’être le cas.

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