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vendredi 10 septembre 2010
Vous êtes dans Travaux parlementaires Questions posées au gouvernement Questions d'actualité

Séance du 12 mai 2005

Question d’actualité à M. DONNEDIEU de VABRES, ministre de la Culture et de la communication sur la fondation Pinault


M. Serge Lagauche. A travers la presse, M. Pinault a annoncé sa décision de renoncer à son projet de fondation d’art contemporain sur le site des anciennes usines Renault. A ce projet dont le coût était estimé à 150 millions €, il a préféré racheter pour 29 millions le Palais Grassi à Venise dont M. Aillagon a été conseillé culturel.

M. François Pinault, conseillé par M. Aillagon, a-t-il trouvé ce projet trop coûteux ? Rappelons qu’il est devenu milliardaire en bâtissant le groupe Pinault-Printemps-La Redoute et en s'investissant dans l'opération Executive Life, qui a coûté cher à nos concitoyens. De plus, il a bénéficié d'une loi portéepar M. Aillagon simplifiant la création de fondations d'intérêt général, et lui permettant de réaliserune réduction d’impôt de 60%.

M. Pinault, dont la fondation n’a jamais vu le jour a-t-il refusé l’inaliénabilité à 90% pour sa collection ? D’autre part, M. Jean-Jacques Aillagon a joué lorsqu’il était ministre un rôle quelque peu surprenant au regard des intérêts culturels français qu’il aurait dû être le premier à promouvoir.

Il n’a pas su trouver les moyens de défendre un projet aussi prestigieux et a entre autre mis plus d’un an à signer l’arrêté de démolition des usines Renault.

Tout aussi éloquent est le long silence de M. DONNEDIEU de VABRES sur cette affaire. On a beau jeu de pointer du doigt la ville de Boulogne, les vicissitudes des aménageurs, les lenteurs administratives, le coût exorbitant du projet…. La vérité est que le soutien de l’Etat au projet a cruellement fait défaut. Il était prévu que l’Etat le conforte en s’engageant sur la construction d’autres équipements culturels ; concrètement rien n’a vu le jour.

Quand il y a une volonté politique forte, les projets aboutissent. C’est vrai des projets portés par les mécènes, comme des initiatives publiques. Il n’y a malheureusement plus aucune politique de l’Etat pour promouvoir l’art contemporain et les projets architecturaux. Il n’y a plus de commande publique, plus d’acquisition publique, plus de grands projets publics ! Il est certes plus facile de crier haro sur le mécène fuyant, mal conseillé.

La France a pourtant connu à la fin du XX° siècle une période glorieuse en matière de grands projets : Beaubourg, Grand Louvre, La Villette, l’Institut du Monde Arabe…la liste serait longue ; mais il y avait, à l’époque, une volonté politique forte.

Monsieur le Ministre, pouvez-vous nous donner votre jugement sur l’attitude de Messieurs Aillagon et Pinault et nous indiquer les mesures que vous envisagez de prendre afin d’éviter qu’un tel gâchis pour la créativité artistique et architecturale française ne se reproduise ?


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