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Lundi 9 mai paraissait une tribune signée François Pinault : il y faisait part de sa volonté d'abandonner le projet d'une fondation d'art contemporain sur le site des anciennes usines Renault à Boulogne-Billancourt et d'exposer finalement sa collection au palais Grassi, qu'il a racheté pour 29 millions d'euros. Dès lors, plusieurs versions ont circulé sur les raisons d'une telle décision : d'un côté, F. Pinault qui accuse les pouvoirs publics de « pesanteurs et de lenteurs administratives ». De l'autre, les responsables locaux de la ville qui considèrent qu’il ne s’agit là que de prétextes pour se désengager d’un projet très coûteux. Est -il nécessaire de rappeler que M. Pinault est à la tête de Pinault-Printemps-la Redoute, un des plus grands groupes français et qu'il a en partie bâti sa fortune en investissant dans la très controversée opération Executive life ?
Face à ce gâchis pour le patrimoine français, j’ai, à la demande de mon Groupe, interpellé en séance publique le jeudi 12 mai dernier le ministre de la culture et de la communication sur le sujet.
Cette affaire met clairement en évidence les dysfonctionnements survenus au niveau étatique. L'Etat a, d'une part, failli à sa mission en ne soutenant pas un projet de grande envergure telle que celui-là. D'autre part, M. JJ Aillagon, ancien ministre de la culture et de la communication a sans conteste joué un rôle ambigu et surprenant dans cette histoire. Or on était en droit d'attendre d'un ancien ministre, "expert" en ce domaine, puisqu'il fut également le conseiller personnel de F. Pinault, qu'il défende les intérêts culturels français et qu'il sensibilise le gouvernement sur un sujet si sensible. Au lieu de cela, M. Aillagon a non seulement pas su défendre et promouvoir ce projet, mais pire encore, il en a retardé l'échéance en mettant près d'un an pour signer l'arrêté de démolition des usines Renault. Autre élément troublant, sa fonction en tant que conseiller culturel pour le palais Grassi de Venise qu’il semble continuer à exercer.
Le ministre n'a apporté aucune réponse satisfaisante à mes interrogations sur l'attitude pour le moins étonnante de messieurs Aillagon et Pinault et sur les mesures qui seraient prises pour éviter qu'un tel gâchis ne se reproduise à l'avenir.
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