Communiqué de presse : Serge LAGAUCHE dénonce l’attitude du Gouvernement qui supprime le Défenseur des enfants et humilie le Parlement
A l’occasion de l’examen par le Sénat, jeudi 3 juin 2010, des projets de loi relatifs au Défenseur des Droits, j’ai, avec l’ensemble de mes collègues sénateurs des groupes Socialiste, apparentés et rattachés, CRC-SPG et RDSE, déposé plusieurs amendements pour refuser l’intégration des autorités administratives indépendantes que sont la CNDS, la HALDE et le Défenseur des enfants dans la nouvelle institution du Défenseur des droits.
A propos du Défenseur des enfants, nous avons considéré que le droit des enfants est un droit spécifique, tant sur le plan national qu’international et nous avons eu gain de cause sur ce point.
Après un débat riche et constructif, le Sénat a rejeté l’intégration du Défenseur des enfants dans la nouvelle institution du Défenseur des droits.
Le Sénat s’est prononcé en connaissance de cause en adoptant une position qui a dépassé les clivages partisans.
Mécontent de ce résultat et contrarié de voir tous les amendements du gouvernement rejetés, l’Elysée a organisé une réunion pour remettre dans le rang les sénateurs récalcitrants.Le Gouvernement a ensuite demandé une nouvelle délibération, de pas moins de 15 articles, visant à réintégrer le Défenseur des enfants dans le dispositif du Défenseur des droits.
La commission des Lois a rejeté ces amendements, ce qui n’a en rien changé l’attitude du gouvernement.
En agissant de la sorte, le Gouvernement humilie le Sénat et impose sa réforme en ramenant dans le rang les voix divergentes qui se sont exprimées au sein de sa majorité.
Avec l’ensemble de mes collègues sénateurs des groupes Socialiste, apparentés et rattachés, CRC-SPG et RDSE, nous avons quitté l’hémicycle pour protester contre cette marque scandaleuse d’autoritarisme à laquelle une majorité de sénateurs de droite a - hélas !- souscrit. Cela ne présage rien de bon pour l’avenir d’une institution soi-disant indépendante mais qui représente en réalité une régression pour la protection des droits fondamentaux et des libertés.