La pré-scolarisation peut être un formidable outil de prévention de l’échec scolaire
La scolarisation à partir de 2 ans mérite mieux que d’être instrumentalisée par X. Darcos, pour remettre en cause l’école maternelle, justifier les réductions drastiques de postes et le désengagement croissant de l’Etat.
Ce discours « anti-prof » récurrent de la part du Ministre de l’Education nationale est autant irresponsable qu’irrespectueux. C’est totalement méconnaître l’école maternelle que de parler de change de couches, puisque même les enfants de deux ans doivent avoir acquis la propreté pour y faire leur entrée.
Si l’école maternelle met en œuvre les conditions d’accueil spécifiques nécessaires à la bonne adaptation des enfants de deux ans, la pré-scolarisation peut être un formidable outil de prévention de l’échec scolaire.
Mais, cela exige une politique volontariste et des moyens, notamment pour des locaux adaptés, des petits effectifs, un encadrement renforcé, des horaires et une pédagogie aménagés, et des personnels mieux formés à la psychologie et au développement du jeune enfant. Soit une politique totalement à l’opposé de celle, comptable et productiviste, menée par le gouvernement.
Car c’est à ces seules conditions que la pré-scolarisation développe réellement, à un âge précoce, l’acquis de la culture scolaire, et l’exploration d’un univers de l’écrit adapté au stade de développement de l’enfant, en particulier pour ceux qui n’y ont pas accès dans le contexte familial.
Pour les enfants des familles les plus éloignées de la culture scolaire obligatoire et qui n’ont jamais quitté le giron familial, apprendre la séparation, se socialiser, développer autonomie pratique et intellectuel avant même la petite section, peut représenter un atout important pour le devenir scolaire.
D’ailleurs les classes moyennes ont bien compris l’intérêt de la pré-scolarisation dans la stratégie éducative de leurs enfants, puisque ce sont bien souvent elles les plus demandeuses.
Alors, au lieu de crier haro sur la pré-scolarisation, mettons en place une vrai évaluation des classes adaptées à l’accueil des moins de 3 ans, avec suivi de cohortes, pour sortir de la polémique stérile entre « pour ou contre la scolarisation dès deux ans ».